La rentrée littéraire des Editions Fayard

Publié le par Liliwenn

Allez, je suis sûre que vous allez bien vous laissez tenter par quelques titres de la rentrée littéraire des Editions Fayard... Au choix, sept romans français et un roman américain.


Le-vazaha-sans-terre.jpg Présentation de l'éditeur:

"La dérive du canot fut bientôt stoppée par un tapis de jacinthes d'eau. Je commençai à m'imprégner des lieux, sans réfléchir. Soudain, ils m'envahirent, et pour la première fois depuis mon arrivée dans l'île je fîs un véritable retour dans un monde disparu, un monde régi par l'espace seul, où le temps est aboli. Un monde où tout est à sa place, décors et acteurs, de toute éternité., un monde où, depuis l'éveil de la perception et de la conscience des choses, les vieux ont toujours été vieux, les mères ont toujours été mères et les enfants, enfants et le resteront toujours, vieux, mères et enfants. Un monde où les canaux ont l'éternité des fleuves, jamais creusés, où les grands arbres n'ont jamais été des pousses, où les crcodiles sont immuables. Un monde où les jours passent, mais sont les seuls à passer, parce que les jours ne sont pas le temps. Un monde où la mort est absente."

Le Vazaha sans terre de Michel Rio, en librairie le 1er septembre 2011.



les-anciens-dieux-blancs-de-la-brousse.jpg Présentation de l'éditeur:

Ainsi en va-t-il de Ouagadougou, , capitale des coups d'Etat, où l'on imprime plus de tracts de propagande que de bulletins de vote: dans la nuit du 17 mai 1983, un nouveau putsch se prépare, le énième depuis l'indépendance. Thomas Sankara, simple capitaine devenu premier ministre, va être écarté du pouvoir.

Evidemment, la France s'en mêle. On murmure que le monsieur Afrique de l'Elysée, surnommé l'arracheur de dents, a fait le déplacement depuis Paris. Les pantalons blancs, Grandville le financier à moitié aveugle, Ezz l'aviateur, Vittorio l'arpenteur du désert font enfler la rumeur.Même Weller, le journaliste revenu de tout, y va de son commentaire, relayé par la tantie J'ai Faim qui règne sur un bruyant essaim de jolies bordelles, et tous les petits bana-bana des quartiers miséreux.

Les sarcasmes fusent plus que les coups de feu. Et pourtant! Malgré leur esprit railleur et fataliste, Noirs et Blancs confondus, tous se désespèrent. Les uns rêvent d'une Afrique enfin débarassée de ses oppresseurs. Les autres auraient peut-être préféré naître du côté des opprimés. Le continent vit en eux plus encore qu'ils n'y vivent. Car on ne se remet jamais des crépuscules sous le tropique, quand le rouge de la latérité répond au ciel ensanglanté.

Avec son choeur (le petit peuple de Ouaga), son héros sacrifié (Sankara) et la main implacable du destin (la politique étrangère de la France), ce roman mêle l'érudition au parler populaire d'Afrique de l'Ouest pour raconter par le menu la série de coups d'Etats qui transformera la Haute-Volta en Burkina Faso.

Les anciens dieux blancs de la brousse de Jean Billeter, en librairie le 24 août 2011.



les-coeurs-en-skai-mauve.jpg Présentation de l'éditeur:

"De l'âge de pierre au temps du plastique, on ne choisit pas ses idoles, mais d'artifices en artifices, ils trouveront bien un boulevard qui leur plaît.

S'ils font semblant de croire aux mirages, ils ignorent tout de la poussière qui recouvre les routes.

Jim et Lou fréquentent les mêmes chapelles, ils pensent que la vie serait plus simple au volant d'un Range Rover, au détour du soleil. Alors peut-être qu'un jour il l'emmènera pour de vrai."

Les coeurs en skaï mauve de Sacha Sperling, en librairie le 17 août 2011.




sugar-puffs.jpg Présentation de l'éditeur:

"Un petit sentier mousseux m'a conduit derrière deux gros rochers. Là, j'ai stoppé net. Une fille était allongée à l'abri, nue, couleur caramel, avec de grosses lunettes de soleil sur le nez. Si je ne m'étais pas excusé, elle ne m'aurait pas vu. Elle n'a même pas chercher à se cacher, elle a souri et s'est redressée doucement.

- Vous parlez toujours avec un accent?

Sa voix tintait comme du cristal. A vue de nez, elle avait dans les vingt-cinq ans. Quand j'ai dit que j'étais français, elle a pris un air narquois. Puis elle a relevé ses lunettes pour les caler dans sa blondeur. Ses yeux verts roulaient comme des émeraudes, son nez retroussé faisait penser à celui d'Elizabeth Montgomery dans Ma sorcière bien-aimée. Elle avait les seins lourds, une posture étudiée, le pubis emperlé de gouttes d'eau.

- Vous vous êtes baignée?

- Oui, mais en maillot."

François Cérésa rejoue L'été 42. Entre le Pays de Galles et l'île de Man, un adolescent découvre une façon bien anglaise de s'encanailler, et universelle de s'émouvoir...

Sugar puffs de François Cérésa, en librairie le 24 août 2011.



Mi.jpg Présentation de l'éditeur:

A l'école, JP ne pige rien; à la maison, il traîne son ennui en évitant les claques de son père ou les vannes de ses cinq frères, dans son lit, la nuit, il ressasse ses frustrations, ses peurs, son envie d'en découdre avec la terre entière. Chez lui, cité des 4000 à la Courneuve, il a parfois l'impression que seul le vacarme peut venir à bout de sa solitude.

C'est avec ses potes que JP se sent enfin exister. Toujours ensemble, toujours dans la surenchère, toujours plus aveuglés par un sentiment d'impunité, ils aiment jouer les durs, et surtout martyriser le premier de la classe: Barthélémy, un blondinet avec une tête de vainqueur.

La bande grandit, se disloque, les copains s'en sortent plus ou moins, trouvent du boulot, tombent amoureux. JP est à la traîne. Du boulot, il en a, mais minable. Quant à tomber amoureux, impossible: JP ne connaît des femmes que les mères exténuées ou les actrices des pornos. Alors rien ne l'apaise. Ses terreurs d'enfant dégénèrent en obsessions, la cruauté mentale et la tyrranie sexuelle occultent la misère affective. Il faut que JP se défoule. Ca tombe bien, Barthélémy repasse par là.

Mimi de Sébastien Marnier, en librairie le 24 août 2011.



tout--tout-de-suite.jpg Présentation de l'éditeur:

Vous qui entrez ici, laissez toute espérance. Ce livre est une autopsie: celles de nos sociétes saisies par la barbarie

En 2006, après des mois de coups tordus et d'opérations avortées, une petite bande de banlieue enlève un jeune homme. La rançon exigée ne correspond en rien au milieu plutôt modeste dont ce dernier est issu. Mais le choix de ses agresseurs s'est porté sur lui parce que, en tant que juif, il est supposé riche. Séquestré vingt-qutre jours, soumis à des brutalités, il est finalement assassiné.

Les auteurs de ce forfait sont chômeurs, livreurs de pizza, lycéens, délinquants. Certains ont des enfants, d'autres sont encore mineurs. Mais la bande est soudée par cette obession morbide: "Tout, tout de suite."

Morgan Sportès a reconstitué pièce par pièce leur acte de démence. Sans s'autoriser le moindre jugement, il s'attache à restituer leurs dialogues confondants d'inconscience, à retracer leurs parcours de fast-food en cybercafés, de la cave glaciale où ils retiennent leur otage aux cabines téléphoniques où ils vocifèrent leurs menaces, dans une guerre psychologique avec la famille de la victime au désespoir et des policiers que cette affaire, devenue hautement "politique", met sur les dents.

Indigence intelectuelle et morale au milieu de l'indigence architecturale et culturelle: il n'y a pas de mot pour décrire l'effroyable vide que la société a laissé se creuser en son sein, et qui menace de l'aspirer toute entière. Pas de mot. Il fallait un roman.

Tout, tout de suite de Morgan Sportès, en librairie le 17 août 2011.



va-et-dis-le-aux-chiens.jpg Présentation de l'éditeur:

Agrégée de mathématiques, Sylvia aime la pureté algébrique et s'accommode mal des équations sans solution de l'existence. Lectrice de Thomas Mann, elle laisse fréquemment son esprit rejoindre Hans Castorp sur un balcon du sanatorium de Davos, pour contempler avec lui des neiges dont l'éternité évoque en elle celle des nombres premiers. 

Critique de cinéma, Louis traque les lieux communs, non seulement dans les films mais dans le monde qui l'entoure.

Naturellement, Louis et Sylvia ne peuvent s'aimer. Pour l'un, l'amour est la plus téléphonée des intrigues. Pour l'autre, c'est comme la quadrature du cercle ou le séquençage de Pi. Pourtant n'ont-ils pas en commun une intelligence désespérée et une ironie née de leur incapacité à vivre?

Maladroitement, ils vont faire tous les gestes de l'amour sans jamais en prononcer le nom. Ni omettre, après chaque étape, de ne plus se voir pendant des semaines qfin de se convaincre que rien entre eux n'a d'importance. Peut-être le destin, cet autre cliché, se chargera-t-il de leur faire admettre que l'amour est aussi éternel que les neiges de Davos., et qu'il constitue le seul scénario souhaitable pour la vie humaine. A moins qu'il ne soit déjà trop tard.

Comme dans La Montagne magique, roman d'élection de Sylvia, les digressions surprenantes de ce grand roman ne concourent in fine qu'à approfondir les inoubliables portraits psychologiques de ses dexu personnages principaux, et à ausculter leur inclassable relation. Et l'amour, donné en quelque sorte perdu d'avance, y trouve néanmoins des chemins de traverse à la hauteur de la complexité des protagonistes.

Va et dis-le aux chiens d'Isabelle Coudrier, en librairie le 24 août 2011.



Bienvenue.jpg Présentation de l'éditeur:

Etats-Unis, de nos jours. T-Bird Murphy, la quarantaine, fils d'immigrés irlandais, se terre dans un box de parking. On le soupçonne d'un crime qu'il n'a peut-être pas commis.

Incarnation du quart-monde occidental, T-Bird écrit sa rage. Un long monologue intérieur, animé par les figures de son passé, qui vient tromper sa solitude et mettre des mots sur la violence de l'exclusion.

T-Bird a grandi dans le ghetto noir et mexicain d'Oakland, une ville industrielle qui rejette les Noirs, les Chicanos et les Blancs pauvres vers les décharges, sur les bords pollués de la baie de San Francisco.

Pour faire mentir le destin, il a sacrifié à la sainte trinité: études, mariage et consommation. Il a fait tous les petits boulots, vécu dans les pires conditions. Mais on n'a jamais voulu voir en lui que l'enfant de ses origines, fauteur de troubles en puissance.

Renvoyé à sa misère et du fond du chaos qui l'a englouti, il revendique la déchéance comme nouvelle forme de liberté, et la solidarité comme espérance de dignité.

Bienvenue à Oakland d'Eric Miles Williamson, en librairie le 24 août 2011.

 

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