Premier amour de Joyce Carol Oates aux éditions Actes Sud

Publié le par Liliwenn

premier amourJe retourne le livre et je vois:

Pour une raison qui demeure obscure à Josie, sa mère, Delia, a précipitamment abandonné le domicile conjugal et l'a emmené vivre avec elle dans la maison de sa grand-tante, Esther Burkhardt. C'est là qu'elle fait la connaissance de Jared, un cousin nettement plus âgé qu'elle. Tout auréolé du prestige des études théologiques qu'il poursuit dans le cadre du séminaire presbytérien, sanglé dans d'impeccables chemises blanches amidonnées, distant et mystérieux, Jared exerce sur la fillette la plus grande fascination. Par un capiteux après-midi d'été, Josie le rencontre sur le bord de la rivière derrière la maison de Burkhardt...

Dès les premières pages de ce conte dont on ne sait s'il est immoral ou onirique, le lecteur est envoûté par l'étrange atmosphère de la maison Burkhardt, royaume des secrets familiaux que se chuchotent les adultes. Alors qu'elle cherche, entre terreur et amour, à se frayer un chemin vers elle-même, une fillette aborde à des rivages dangereux. Et ce livre inquiétant qui ne dit rien sur le sexe et tout sur le vertige des fantasmes est sans doute l'un des plus érotiques qui soit.

Et j'en pense quoi?

On sait d'avance que lorsqu'on attaque un roman de Joyce Carol Oates, on va aborder des sujets difficiles mais alors là, c'est quand même particulièrement glauque! L'auteur réalise ici un tour de force, créer le malaise (gros le malaise, je vous jure) sans jamais le décrire. Tout est dérangeant dans ce livre, cette mère absente aussi bien physiquement que psychiquement, cette petite fille de onze ans, seule, qui oscille entre des sentiments forts et antagonistes envers son cousin et ce cousin, Jared, en proie à des pulsions érotiques sadiques. 

Comme lors de ma précédente lecture de Joyce Carol Oates, il m'a fallu plusieurs pages avant de rentrer dans l'histoire et de me familiariser avec le style. Je ne dirai pas que j'ai particulièrement aimé ce livre mais plutôt que c'est un exercice réussi pour l'auteur qui parvient aisément à installer une atmosphère pesante et à semer le trouble dans nos esprits. Oates continue à m'intriguer et je compte bien continuer à découvrir son oeuvre. 

oates-challenge



J'ai lu ce livre dans le cadre du Challenge Oates organisé par George. Vous pourrez trouver sur son blog tous les liens des articles des différents participants à ce challenge et notamment mon précédent billet sur Viol, une histoire d'amour.


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Anou 10/02/2011 08:36


Je n'ai toujours pas lu de livres de Joyce Carol Oates, mais il y a déjà plusieurs titres d'elle qui me donnent envie...


Liliwenn 13/02/2011 20:39



Je pense que je vais taper dans un plus récent la prochaine fois.



Soundandfury 09/02/2011 21:16


Auteure que je ne connais pas encore, mais chaque fois que je lis des articles, j'ajoute des titres à ma liste et celui-ci à l'air obscur et complexe comme j'aime!
Voire un peu effrayant et dérangeant, à te lire.


Liliwenn 09/02/2011 21:46



Obscure et complexe, ça c'est sûr! En plus, il est très court donc si tu as envie de te faire un avis...



George 09/02/2011 13:28


les romans de Oates provoquent toujours des sentiments dérangeants. Je suis en train de lire "Blonde" est là encore l'écriture est magnifique, mais l'atmosphère est parfois étouffante !


Liliwenn 09/02/2011 21:45



Je découvre ça au fil de mes lectures, c'est vraiment étrange comme sensation.



valou 09/02/2011 10:22


jen l'ai lu également ce court roman..et honnêtement heureusement qu'il ne faisait que cent pages. On se sent bizarre en lisant cet ouvrage, comme si on était des témoins silencieux de ce qui ce
passe, c'est très étrange. Le dernier sentiment de malaise en lisant date de ma lecture, dans un tout autre registre, de la route par McCarthy...je n'en suis pas vraiment sortie indemne...


Liliwenn 09/02/2011 21:44



Je n'ai pas lu La route mais j'ai vu le film et j'étais pas bien en sortant, un peu comme en finissant ce livre.