RTT, journée de la PAL

Publié le par Liliwenn

Que seraient les RTT sans une petite séance shopping! Un peu plus pauvre mais un peu plus heureuse, je ramène dans mon chez moi quelques centaines de pages qui seront, je suis sûre, vite dévorées.

Sont donc entrés dans la PAL aujourd'hui:

derniere-nuit.jpgDernière nuit à Twisted River de John Irving

Au nord du Nord, au pays des bûcherons et des flotteurs de bois - les draveurs -, il était une fois un petit cuisinier boiteux et son fils de douze ans, gamin impressionnable à l'imagination peuplée d'ours indiscrets. Ils avaient pour garde du corps Ketchum, l'ogre anarchiste, ivrogne, rusé, noiseur, faux illettré à l'intelligence incisive.

A l'image de la Twisted River torrentielle, ce récit d'une vengeance impitoyable bourlingue son lecteur d'ethnies en états sur trois générations, rencontre explosive entre l'Orient et l'Occident, comédie de moeurs culinaires, tragédie des portes mal fermées entre la splendeur d'une nature meurtrière et la quiétude imprudente du foyer.


Un chien héroïque, une mustang bleue fantôme, une ange atterrie dans la fange: le chef Irving nous réserve toutes les surprises de son art consommé dans un roman qui se dévore et se déguste jusqu'à la dernière page. Bombe glacée pour tout le monde au dessert.


la-vie-tres-privee.jpgLa vie très privée de Mr Sim de Jonathan Coe

Maxwell Sim est un loser de qurante-huit ans. Voué à l'échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l'échec à l'âge adulte (sa femme le quitte, sa fille rit doucement de lui), il s'accepte tel qu'il est et trouve même satisfaction à son état.

Mais voilà qu'une proposition innatendue lui fait traverser l'Angleterre au volant d'une Toyota hybride, nantie d'un GPS à la voix bouleversante dont, à force de solitude, il va tomber amoureux. Son équipée de commis-voyageur, représentant en brosses à dents dernier cri, le ramène parmi les paysages et les visages de son enfance, notamment auprès de son père sur lequel il fait d'étranges découvertes: le roman est aussi un jeu de piste relancé par la réapparition de lettres, journaux, manuscrits qui introduisent autant d'éléments nouveaux à verser au dossier du passé. Et toujours Max pense à la femme chinoise et à sa fille, aperçues dans un restaurant en Australie, dont l'entente et le bonheur d'être ensemble l'ont tant fasciné. Va-t-il les retrouver? Et pour quelle nouvelle aventure?

Brouillant joyeusement les cartes de la vérité et de l'imposture, Coe l'illusioniste se réserve le dernier mot de l'histoire, qui ne manquera pas de nous surprendre.

Plus d'une génération va se reconnaître dans ce roman qui nous enchante avec un humour tout brittanique, bien préférable au désespoir.


La-bascule-du-souffle.jpgLa bascule du souffle d'Herta Müller

Nous sommes en Roumanie, en janvier 1945: la population germanophone de Transylvanie vit dans la peur de la déportation. Cette mesure, exigée par le nouvel allié soviétique de Bucarest, vise une population soupçonnée d'avoir soutenu l'Allemagne nazie pendant la guerre. Le jeune Léopold sait qu'il est sur la liste. Il prépare sa petite valise, des affaires chaudes, quelques livres, puis, quand la police roumaine vient le chercher, à trois heures du matin, par moins quinze, il reçoit les mots de sa grand-mère "je sais que tu reviendras" comme un viatique.

L'usine de charbon, la tuilerie, la cimenterie, des baraquements élémantaires, une ration de pain et deux rations de soupe par jour, les diarrhées et les poux: tel sera le quotidien de Léopold pendant cinq ans. La bascule du souffle nous invite à lire la chronique terrifiante de ces années de froid, de faim et de découragement qui tuent dans un camp de travail en Russie. Mais la singularité du livre de Herta Müller réside dans sa faculté incomparable de transcender le réel, de l'illuminer de l'intérieur. Sous sa plume, le camp devient un conte cruel, une fable sur la condition humaine. Ici les arbres parlent, le ciment boit,  la pendule a mal à son ressort cassé, la faim voyage dans le corps d'un ange, et le coeur, dans une pelle.

De bons moments de lecture en perspective, on en reparle bientôt!

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Commenter cet article

Valérie 04/03/2011 19:55


Incroyable, j'arrive sur ton blog en tapant Virginie Mouzat dans un moteur de recherche er j'arrive ici, droit sur Irving. Sache que , si ça te tente, un challenge John Irving a commencé chez moi
il y a peu.


Liliwenn 08/03/2011 18:14



Merci pour l'info Valérie mais je crois que le principe du challenge ne me convient pas, je ressens comme une espèce d'obligation à lire des bouquins et ça me bloque complètement.



George 08/02/2011 08:10


les deux premiers me tentent beaucoup ;)


Liliwenn 09/02/2011 21:43



Je comprends, j'ai hésité pendant quelques jours et puis craqué lachement!